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INTRODUCTION

Faire le tour du monde en solitaire, doubler les trois caps(*), n'est-ce pas le rêve de tout navigateur, sur mer ou dans les airs ?

Ce rêve a du hanter et tenter comme étant l'ultime but, l'ultime destination tous ceux qui naviguent. Après avoir fait le tour du monde, n'importe où l'on aille est moins loin que là où on est déjà allé.

Dans les airs le premier solitaire fut le jeune Baron F.K. Koenig-Warthausen en 1927 qui, à 21 ans et avec seulement quelques heures de vol, partit de Berlin pour Moscou et continua jusqu'à faire le tour du monde sur un minuscule Daimler Klemm. Puis en 1930, ce fut l'Honorable Mrs. Bruce, une dame anglaise aimant l'aventure et la vitesse. Elle ne volait que depuis quelques semaines quand elle entreprit son tour du monde avec un petit biplan. Egalement, en 1931, une Allemande, Elly Beinhorn fit le tour du monde dans un autre Klemm. Mais ni les uns ni les autres ne firent leurs tours du monde entièrement par la voie des airs. Ils traversèrent tous l es trois les océans sur des paquebots, leurs avions ne pouvant le faire.

Wiley Post fut le premier « vrai » pilote solitaire, en 1933, sur son Lockheed Véga Winnie Mae. Il avait, en 1931, avec Harold Gatty comme navigateur, battu le record de vitesse du Graff Zeppelin autour du monde : le tour du monde leur avait pris huit jours. En 1933, Post, reparti seul, battait son propre record. Les deux vols de Post furent relativement courts, étant fait à haute latitude. Depuis, la Fédération Aérienne Internationale impose, pour les records autour du monde, un minimum de distance égal au tropique du Cancer, soit une distance minimale de 36.780 kilomètres.

Il n'y eut pas d'autres vols solitaires jusqu'à la deuxième guerre mondiale, pendant laquelle quelques tours du monde militaires furent effectués. Dès la fin des hostilités, de nouveaux tours du monde furent accomplis, mais le premier solitaire de l'après-guerre ne vint qu'en 1951. C'était encore une époque où les pilotes devaient naviguer à l'estime en n'utilisant que de très rares balises de radio navigation. Ce fut l'époque des pionniers à jamais célèbres : Max Conrad, Geraldine Mock, Joan Merriam Smith, Sheila Scott qui fit le tour du monde trois fois, exploit qui n'a été répété qu'en 2000 par l'Australien Jon Johanson. Don Taylor vola autour du monde avec le premier avion de construction amateur.

Puis vint l'époque du Global Position System (GPS). Ce système de navigation, basé sur une triangulation à partir de satellites, fut mis en place par le Département de la Défense des Etats Unis vers la fin des années 70, et fut mis à la portée des utilisateurs civils au début des années 80. Son utilisation par tous, sur terre, sur mer et dans les airs a littéralement révolutionné l'art de la navigation. Pratiquement, pour quelques milliers de francs, un utilisateur peut connaître sa position n'importe où sur le globe à quelques mètres près, de jour comme de nuit et cela sans connaissances approfondies. Sans enlever de mérite aux pilotes solitaires qui font, de nos jours, de longs raids ou même le tour du monde, reconnaissons que la tâche leur est beaucoup plus aisée qu'elle ne le fut aux pionniers d'avant les années 80. Actuellement, en moyenne, deux tours du monde en solitaire sont effectués chaque année.

C'est après avoir, moi aussi, fait le tour du monde en solitaire en 1996, que j'ai voulu savoir qui d'autre avait été tenté par ce genre de raid et l'avait réussi. J'avais, comme tous, entendu parler de Wiley Post et de Winnie Mae, de Sheila Scott, et, vivant en Australie, de Dick Smith, de Peter Norvill, de Gaby Kennard à l'époque de leurs raids. J'avais aussi connu les aventures de Cliff Tait, étant propriétaire d'un Airtourer similaire à celui qui le mena autour du monde. J'avais suivi Don Taylor et Jon Johanson avec leurs avions de construction amateur, étant moi-même un constructeur amateur. J'avais aussi suivi le Sheik Al Thani faisant son tour du monde en Aerostar, qui est l'avion que j'ai utilisé autour du monde. Mais je ne connaissais pas tous les autres, et ce fut avec beaucoup d'intérêt que je les découvris. Réalisant que le public, comme moi-même auparavant, ignorait ces exploits, j'ai été poussé à les rechercher pour les faire sortir de l'oubli.

J'ai donc rassemblé ici ceux des solitaires ayant fait leur tour du monde vraiment seuls, c'est-à-dire sans équipage. Certains tours du monde ont été effectués soit avec des avions militaires, soit avec des avions de ligne, ou encore avec le support d'énormes équipes tant en l'air qu'au sol. Ces tours du monde, qui sont, comme le sont devenus tant d'exploits sportifs de nos jours, seulement de gigantesques campagnes publicitaires à coup de millions, ne nous intéressent pas. J'ai cherché les solitaires vraiment « seuls », qui dans la tradition des pionniers, sont partis, ont eu leurs problèmes, sont arrivés seuls et ont réussis seuls. Car il est encore de nos jours, où le monde ne cesse de se réduire à un gros village mondial et électronique, des aventures inédites, des exploits non encore tentés. L'aventure n'est pas morte à qui veut bien la chercher.

L'aviation est riche à profusion en hauts faits, en records de vitesse, de distance et de hauteur. Ces records sont sanctionnés par la Fédération Aérienne Internationale dont le siège vient de passer de Paris à Lausanne. Ils sont donc bien documentés et il est facile de s'y reporter. Mais tous les pilotes n'ont pas fait enregistrer leurs exploits sous forme de records. De plus, certains records ayant été dépassés, les originaux sont difficiles à trouver ayant été remplacés par les nouveaux. Les tours du monde, à moins qu'ils ne fassent l'objet de records et de sensationnalisme ne sont pas tous enregistrés bien que certains figurent dans le « Guinness Book of Record » avec des concombres géants et autres virtuosités et il faut donc les chercher individuellement. La recherche a été parfois difficile, car certains pilotes ont fait leur tour du monde sans publicité et ont laissé peu de traces de leurs exploits , ne cherchant ni la gloire ni les feux de la rampe. Il est fort que certains aient passés à travers les mailles de mon filet. J'ai cherché à rencontrer ces pilotes solitaires, ce qui m'a conduit à travers les Etats Unis, l'Europe et le Moyen Orient, et j'ai trouvé des amis, une fraternité de ceux qui savent reconnaître la valeur de l'exploit et celle des individus. La recherche a été passionnante, les amitiés qui sont nées de ces rencontres inoubliables. Et c'est pourquoi je tiens à faire partager ici le résultat de cette recherche.

Avant de décrire ces pilotes et leurs vols, une question s'impose : Qu'est-ce qui les pousse à s'exposer à tant de dangers, à dépenser tant d'argent et de temps à faire le tour du monde, et à le faire seuls ? Le désir d'aller plus loin que les autres, le besoin de se faire remarquer, le besoin de se prouver tant à soi-même qu'aux autres que l'on est capable d'un tel exploit ? Chaque pilote a une réponse différente, mais tous ont en commun le même goût de l'aventure, de l'individualité et de la liberté.


Ce site décrit les plus intéressants, les plus célèbres et les plus typiques des vols solitaires autour du monde. Pour diverses raisons, la liste en est incomplète. Certains tours du monde, ayant laissé peu de traces, sont difficiles à documenter. Quelques pilotes, se réservant de décrire eux-mêmes leur vol, préservent jalousement leur documentation. Enfin, d'autres, fuyant toute publicité, préfèrent rester dans l'ombre ; ce que nous respectons. J'arrêterai probablement cette étude à l'époque où est apparu le ¨GPS¨ et où les grands voyages et les tours du monde sont, tout en étant néanmoins difficiles, devenus plus faciles que du temps des pionniers. Je ferais une exception à cette règle pour décrire mon propre tour du monde en solitaire en 1996 :
Cliquez ici pour un raccourci vers la description de ce vol.

Ce site n'est pas terminé et ne le sera sans doute jamais. Des renseignements continuent à nous parvenir, confirmant ou modifiant les données déjà reçues. Bien que ce site soit le résultat d'années de recherches, je n'ai pas la prétention d'être exhaustif. Tout commentaire est le bienvenu : critique, correction ou addition. N'hésitez donc pas à m'écrire, en français ou en anglais.

J'espère aussi que ce récit puisse inspirer et aider les pilotes tentés par cette grande aventure.

Merci, bonne visite et bon vent.



(*) les trois caps sont: Horn, Bonne Espérance et Leuwin

Dernière mise à jour : Mai 19, 2012
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