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FICHIER TECHNIQUE |
LE VOL |
CARTE DU VOL
GERALDINE MOCK 2. LE VOL
L'année 1964 fut riche en vols solitaires autour du monde avec deux vols qui resteront célèbres dans l'histoire des vols autour du monde. Bien que l'Honorable Mrs. Bruce ait effectué un vol solitaire en 1930, vol interrompu par deux traversées en paquebot, les deux vols de 1964, vols entièrement effectués par la voie des airs par deux femmes pilotes furent ceux de Geraldine Mock et Joan Merriam Smith. Mrs. Bruce n'avait que 40 heures de vol quand elle débuta son tour du monde. Son avion, un Blackburn Bluebird, avec des ailes repliables n'avait pas la portée necessaire pour traverser les Océans Pacifique et Atlantique. Elle les traversa à bord de paquebots. Une autre femme pilote qui tenta aussi le tour du monde mais ne réussit pas est la célèbre Amelia Earhart-Putman qui disparu en mer en 1937. Partie de Lae en Nouvelle Angleterre au Nord de la Nouvelle Guinée pour l'île Howland au milieu du Pacifique, elle disparu en mer à bord de son Lockheed Electra en compagnie de son navigateur Fred Noonan. Sa disparition mystérieuse, et aujourd'hui encore inexpliquée, donna lieu à toutes sortes de spéculations : n'ayant pas trouvé l'île Howland et ayant épuisé son carburant, elle aurait péri dans un amérissage forcé ou aurait-elle été capturée par les Japonais qui étendaient leur influence dans cette partie du Pacifique. Le mystère entourant sa disparition a certainement contribué à sa célébrité. Geraldine (Jerrie) Fredritz épousa Russel Mock en 1945. Ils eurent trois enfants. Après plusieurs emplois, elle dirigeait l'aéroport de Colombus dans l'Ohio. Elle apprit à voler en 1956 et obtint son brevet de pilote en 1958. Un jour alors qu'elle se plaignait à son mari ne n'avoir rien à faire d'intéressant et d'avoir envie d'aller « quelque part », il lui suggéra dans une boutade de faire le tour du monde en avion. Elle le prit au mot et commença à organiser le vol. Elle découvrit que seuls des hommes avaient fait le tour du monde, qu'aucune femme n'avait fait le vol entièrement par la voie des airs et qu'aucun record féminin n'était enregistré. Elle n'avait alors que 500 heures de vol. Pour un tel vol, il lui fallait la qualification de vol aux instruments (IFR). Quand elle fut prête, elle avait alors près de 750 heures de vol. Elle utilisa le Cessna 180, enregistré N1538C qu'elle nomma qu'ils possédaient en copropriété avec un ami. Il fut baptisé« The Spitrit of Colombus » mais elle l'appelait affectueusement « Charlie », C'était un avion à aile haute et train conventionnel (roulette de queue). Des réservoirs supplémentaires furent ajoutés dans la cabine portant la capacité totale 670 litres, lui donnant une autonomie de 25 heures et une distance franchissable de plus de 4500 Egalement une radio HF fut installée. Pendant ses préparatifs elle eut vent de ceux d'une autre femme, Joan Smith, qui elle aussi avait l'intention de faire le tour du monde, retraçant le vol de Amelia Earhart. Mock avait déclaré à la National Aeronautic Association (le représentant aux USA de la FAI) son intention d'établir des records durant son vol. Elle avait fait cela très tôt dans ses préparatifs et de ce fait avait battu de vitesse Smith à se faire enregistrer. Smith ne pouvait donc pas établir de record officiel autour du monde. Mais elle espérait néanmoins faire son tour du monde en moins de temps que Mock. Les deux femmes insistaient qu'elles ne faisaient pas la course, qu'elles n'étaient pas en concurrence. Mais en fait tout au long du vol Russell Mock exhortait sa femme à aller plus vite pour ne pas être rattrapée par Smith. Elle envoyait régulièrement ses impressions de voyage qui étaient publiées dans le journal de Colombus. Les pilotes des records de vitesse autour du monde sont tenus de donner un compte rendu du vol. Celui-ci est dans les archives de la FAI à Lausanne. En voici des extraits. Jerrie Mock partit de Colombus le 19 Mars 1964. Sa radio HF ne fonctionnait pas. Elle atterrit aux Bermudes dans un fort vent de travers. Elle y resta jusqu'au 25. La radio HF fut réparée, un fil avait été déconnecté. son mari lui annonça que Smith, qui était partie deux jours avant elle, était en panne à Suriname, ayant à réparer une fuite à un de ses réservoirs.
Le 26 Mars elle part de nuit pour Santa Maria aux Acores. Atterrissage aux instruments. Le 28 Mars, elle fit route vers Casablanca. Elle eu à lutter contre le givrage. Elle passa le 29 Mars à visiter Casablanca avec des amis américains. Russell lui annonçe que Smith a quitté l'Amérique et se dirige maintenant vers l'Afrique. Jerrie a des nnuis avec les freins et la roulette de queue. Le 30, elle atterrit à Bône en Algérie. Son mari l'exhorte à aller plus vite. Le 31 elle est à Tripoli alors qu'elle aurait voulu aller jusqu'au Caire. On lui annonce que Smith est bloquée à Belem par du mauvais temps. Elle repart le premier avril mais se trompe d'aéroport et atterrit sur l'aérodrome militaire « secret » de Inchas ou Inshaas près du Caire. Après plusieurs heures d'explications, elle fut autorisée à regagner l'aéroport du Caire. J'ignorais tout de Jerrie Mock, de son tour du monde et son infortune au Caire quand j'y atterrissi en 1996, dans la poussière de sable rendant la visibilité difficile. Je me serais probablement fait plus de souci pour trouver l'aéroport si j'avais connu son histoire et la présence d'un aérodrome militaire tout près. Le lendemain, Jerrie, visita les Pyramides et monta en chameau. Elle repartit du Caire le 3 avril pour
Dhahran. Puis le 4 pour Karachi au Pakistan. Pendant ce temps Smith arrive à Dakar. Le 8 avril, elle traverse la Mer de Chine en route vers Manille aux Philippines. C'est là qu'elle pu enfin faire réparer ses freins. Son mari continue à la pousser à faire de la route alors qu'elle a besoin de repos. Le 13 elle repart pour Honolulu et elle croise la ligne de changement de date. Elle arrive donc à Honolulu le 13…Vint enfin la longue étape de Honolulu à Oackland en Californie d'une distance de plus 4500 km. Elle l'a parcouru en dix huit heures.. Son mari l'attendait à Oackland. Il avait perdu neuf kilos depuis le départ de Jerrie. Elle fut reçue en grande pompe par une nuée de journalistes. Elle arriva enfin le 17 avril à Colombus d'où elle était partie après être passé par Tucson, El Paso au Texas et Bowling Green dans le Kentucky.
Elle fut reçue et fêtée. Le Président Lyndon Johnson lui décerna la Médaille d'Or de la FAA. Elle reçut une longue liste de médailles et de décorations y compris la Médaille d'Argent Louis Blériot présentée par la FAI. De nombreuses villes la nommèrent citoyenne d'honneur. Elle fut interviewée par tous les journaux, toutes les stations de radio et de télévision du monde. Quand on lui demandait : « Pourquoi avez-vous fait cela ? », elle répondait souvent : « Je l'ai fait pour donner confiance au petit pilote, qui est laissé en arrière dans le courant des jets et de l'age spacial. » Elle avait parcouru 36 700 km en 30 jours et en 158 heures de vol. Jerrie Mock avait établit deux records officiels reconnus par la FAI : · Record féminin autour du monde. · Record de vitesse autour du monde dans la classe C1-c. Elle avait aussi établi cinq records « non officiels » : · Première femme femme à survoler l'Atlantique Nord des USA vers l'Afrique · Première femme à survoler les deux Océans · Première femme à survoler le Pacifique d'Ouest en Est · Première femme à survoler le Pacifique en monomoteur · Première femme à faire entièrement le tour du monde en solitaire Geraldine Mock ne devait plus voler sur N1538C, la maison Cessna lui donna un autre avion en échange de Charlie qui fut exposé chez Cessna à Wichita puis envoyé en 1975 au Smithsonian Museum où il est exposé. Elle continua à voler avec le nouvel avion donné par Cessna, un C 206 P, N155JM et établit de nombreux records de vitesse et de distance en particulier en volant jusqu'à Rabaul en Nouvelle Bretagne. On ne peut s'empècher de comparer les préparatfs de Mock avec ceux, ou plutôt le manque de préparatifs de Mrs. Bruce qui partit pour son tour du monde seulement 6 semaines après avoir obtenu son brevet de pilote. Il fallu près de 18 mois à Geraldine Mock pour se préparer, préparer sa route, son avion et ses équipements. On doit aussi admirer cette femme d'environ un mêtre cinquante (il lui fallait des coussins pour voir au dessus du tableau de bord) volant sur un avion à train conventionnel ( roulette de queue) avec un moteur assez puissant (Continental 0-470). Il y a aujourd'hui plus d'un « moustachu » qui ne saurait faire voler une telle machine, hésitant même à penser à s'entrainer dessus.
Dernière mise à jour : 5 Juin 2011 Copyright © Claude Meunier 2000, 2011 webmaster@volssolitaires.com |