ACCUEIL   |   INTRODUCTION   |   LISTE DES VOLS SOLITAIRES   |   LISTE CHRONO   |   STATISTIQUES
RECORDS   |   FAIRE LE TOUR DU MONDE   |   BIBLIOGRAPHIE   |   LIENS   |   CONCLUSION
 
FICHIER TECHNIQUE  |   LES VOLS  |   CARTES DES VOLS

SHEILA SCOTT


Sheila Scott belongs in the company of Lindbergh and Earhart and Saint Exupéry.
Philip K. Chapman, astronaut.
Sheila Scott fut une égale de Lindbergh, Earhart et Saint Exupéry.
Philip K. Chapman, Astronaute.

  1. Introduction
  2. Le premier tour
  3. Le second tour
  4. Le troisieme tour
  5. Conclusion
1. Introduction :

Sheila Scott logo
Sheila Scott fut assurément, en son temps, une extraordinaire aviatrice. Vingt ans après sa mort, certains de ses exploits n'ont pas été renouvelés. De plus, quand elle les a réalisés, l'aviation était encore un fief masculin où les femmes-pilotes étaient considérées comme des amateurs encombrants. Et bien sûr, les techniques de navigation n'avaient pas atteint la quasi-perfection qu'elles ont de nos jours. Pour elle, comme pour beaucoup de pilotes, l'aviation fut la planche de salut : ce fut le moyen de sortir de la médiocrité, de se découvrir soi-même, de se faire un nom et de trouver sa place dans le monde.

Née en 1927 à Worcester en Angleterre, Scott eut une enfance houleuse. Espiègle, elle ne travaillait guère à l'école, d'où elle frisa de nombreuses fois d'être renvoyée. Pendant la deuxième guerre mondiale, elle s'engagea comme infirmière dans un hôpital naval. Elle eut de nombreuses aventures amoureuses, et plusieurs « presque mariages » comme elle le dit elle-même. Mariée en 1945, le mariage finit par un divorce six ans plus tard. Elle s'essaya à beaucoup de métiers : actrice, couturière, modèle. Mais rien ne la satisfaisait et elle éprouvait un sentiment de défaite et de vide. Elle se tourna vers le bouddhisme. Elle eut toute sa vie un penchant pour le mysticisme que l'on retrouve dans le nom de ses avions et dans le signe, cabalistique et resté secret, qu'elle peignait sur chacun d'eux.

C'est dans cette atmosphère de dérive, qu'un jour de 1959, par défi lors d'un pari, elle annonce son désir d'apprendre à voler : c'est une révélation. Elle se jette dans l'aviation à corps perdu. Elle apprend à piloter sur un biplan Tiger Moth. Très vite, elle en achète un elle-même. C'est un De Haviland Tiger Moth modifié, avec une cabine close et élargie pour recevoir deux places côte à côte. Ce modèle est appelé un Thruxton Jackaroo du nom de l'aéroport où se font ces modifications. Elle le fait peindre en bleu avec des ailes argentées et le baptise Myth (comme étant le féminin de Moth). Et elle y peint son signe secret.

Elle vole beaucoup avec Myth, allant jusqu'en Europe et elle gagne plusieurs courses de vitesse. Puis elle apprend à voler de nuit. Mais quand elle tente d'obtenir sa licence commerciale, sa vue cause son échec à la visite médicale. En dépit de ses efforts, elle ne peut obtenir de passer une seconde visite et doit se résigner à abandonner l'idée d'une licence professionnelle. Elle part pour les Etats-Unis où, sa visite médicale passée sans problèmes, elle obtient sa licence commerciale et entreprend de nombreux vols de convoyage. Elle loue alors un Piper Comanche 250, immatriculé UZ, qu'elle baptise Myth II et fait quelques courses de vitesse en Europe. Puis elle vend Myth, le biplan. Elle pratique le ballon à air chaud et elle apprend à piloter les hélicoptères.

Elle rêve alors de battre des records. Pour cela, en 1965, elle loue un Comanche 400 qu'elle baptise Myth Sun Pip. Le nom vient de l'aide que lui donnent la compagnie Piper et un journal qui achète le récit de ses exploits. Elle entreprend quinze records aller et retour et circuit fermé entre Londres et cinq capitales européennes (Bruxelles, Paris, La Hague, Dublin et Madrid) ainsi que Malte. Treize de ces records n'ont pas été battus à ce jour.

Dès lors, elle rêve de voler autour du monde et de battre les records existants. Géraldine Mock, une Américaine, détient le record du tour du monde depuis 1964.
Le vol de Géraldine Mock peut ètre lu ici.
Scott veut également battre le record d'Amy Johnson entre Londres et l'Australie. Ce record a été établi du 5 au 24 Mai 1930 sur un Gipsy Moth « Jason ».

Après de longues préparations, Scott décide d'utiliser un Comanche 260 à la place du Comanche 400. Celui-ci est plus rapide, mais consomme beaucoup plus de carburant et est donc moins bien adapté aux longs vols où l'endurance prime sur la vitesse pure. Il lui faut acheter un autre avion et les fonds manquent. Sir Allan Cobham lui apporte une aide financière. Il avait été l'un des pionniers de l'aviation britannique dans les années 1920, et avait été fait chevalier après son vol Londres-Le Cap, en novembre 1925. En 1926, il fit l'aller et retour entre Londres et l'Australie. Son avion était un biplan De Haviland DH50, immatriculé G-EBFO et qui pouvait être équipé de flotteurs. Le nouveau Comanche de Scott est muni, à Genève, de réservoirs supplémentaires. Ce sera G-ATOY, aussi connu sous le nom de Myth Too.



  1. Introduction
  2. Le premier tour
  3. Le second tour
  4. Le troisieme tour
  5. Conclusion
1. Le premier tour du monde :

Sheila Scott logo Finalement, le 18 Mai 1966, elle est prête à partir. Elle touche la statue de Alcock et Brown, à Heathrow, l'aéroport de Londres, dans l'espoir que les deux pionniers lui portent chance. Alcock et Brown avaient effectué la première traversée de l'Atlantique, d'ouest en est, les 14 et 15 juin 1919, sur un Vickers Vimy, de Saint John à Terre Neuve à Clifden, la pointe ouest du comté de Galway en Irlande, en 16 heures et 27 minutes.

Dès le départ, Scott a des problèmes de radio, ce qui la retarde de 6 heures. Elle atterrit de nuit à Rome. Après un jour de repos pendant lequel elle fait réparer ses radios, elle repart pour Athènes et Damas, le vendredi 20 mai. Puis, c'est Bahrayn et Karachi où elle arrive le 22 mai. Problèmes avec la radio HF cette fois, réparée par les Pakistan International Airlines. Partout, elle est très bien reçue et fêtée.

En route pour Jaipour, de gros orages l'obligent à se dérouter sur Delhi où elle arrive enfin le 24 mai, et d'où elle part pour Bangkok via Calcutta. Au matin, le maître-relai n'ayant pas été éteint, la batterie est à plat. Peu après, tous ses instruments de navigation radio tombent en panne. Elle doit traverser d'intenses orages, typiques de la zone tropicale de convergence. C'est avec d'énormes difficultés qu'elle arrive enfin à Rangoon en Birmanie. Pendant qu'elle se repose, les techniciens de l'Union of Burma Airways réparent ses radios. Au départ de Rangoon, les radios sont en état, mais tous ses instruments gyroscopiques tombent à leur tour en panne, lui interdisant de voler aux instruments. Elle doit retourner à Rangoon pour réparer. Elle en repart le samedi 28 mai sous la pluie tropicale, une intense turbulence, et un vent de face. Elle se replie sur la base australienne de Butterworth, sur la côte ouest de la Malaisie. Finalement, elle arrive à Singapour le 29 mai et à Bali le 30.

Le mardi 31 mai, elle quitte Bali pour Darwin en Australie, où elle est très bien accueillie et fêtée, mais au départ, le lendemain, elle s'aperçoit que quelqu'un a coupé son antenne HF. Escale à Mount Isa, Brisbane et finalement Sydney. Elle est reçue par des personnalités dont Nancy Bird Walton. Nancy Bird est très célèbre, ayant été une des premières femmes pilotes a avoir obtenu une licence professionnelle en Australie. Elle est encore de nos jours la femme pilote la plus célèbre en Australie.Elle fut décorée comme O.B.E. (Officer of the British Empite) et porte maintenant le titre de 'Dame Nancy'.

Scott se repose une journée, pendant laquelle les ingénieurs de l'aéroport de Bankston, près de Sydney, s'affairent sur Myth Too. Le temps est orageux et elle part le 6 juin pour Auckland en Nouvelle-Zélande. Là, elle a le grand plaisir de rencontrer le frère de la célèbre aviatrice néo-zélandaise, Miss Jean Batten, qui lui donne la médaille du Harmon Trophy que Jean avait reçu en 1937 pour son vol autour du monde. Scott devait recevoir la même récompense en 1967 pour le vol autour du monde qu'elle est en train d'accomplir. Après un court ravitaillement en carburant sur l'île de Norfolk, elle arrive enfin à Nandi, aux Fidji. Elle atterrit aux Samoa Américaines le 8 juin, après avoir passé la ligne de changement de date et le méridien 180. Ce qui fait que le lendemain, également le 8 juin, elle atterrit sur l'atoll de Canton, point minuscule au milieu de l'immensité du Pacifique. Cet aéroport était très utilisé à l'époque pour ravitailler les avions de lignes traversant le Pacifique. L'auteur y a fait escale en 1955 dans l'un des derniers Clippers. Maintenant, l'île est pratiquement déserte.

Au départ de Canton, elle a à nouveau des problèmes avec son antenne HF, antenne traînante qui, une fois de plus, ne se déroule pas. Elle doit utiliser cette radio HF pour communiquer à grande distance, mais elle ne peut pas retourner et atterrir avec la charge d'essence qu'elle a à bord. Cette quantité d'essence était nécessaire pour couvrir la distance jusqu'à Hawaii. Elle est donc forcée de continuer. Après 12 heures de vol, un Hercules des Gardes Côtières américaines l'appelle sur la fréquence de détresse. Il l'accompagne jusqu'à Hawaii. Là, elle a le plaisir de rencontrer le vétéran Max Conrad qui venait de convoyer un Comanche 250 comme le sien. Conrad était un vétéran du convoyage pour la firme Piper. Il est célèbre pour ses records de durée et d'endurance dont le plus long fut de 60 heures volant en circuit fermé entre Mineapolis et Chicago et également entre Casablanca et El Paso avec une durée de 56 heures. Il établit un record autour du monde en 1961, record qui tient encore aujourd'hui avec une vitesse de 187 km/h.
Son tour du monde est décrit ici :

Elle repart de Hawaii le 11 juin, à nouveau en surcharge. Elle a une grande crainte, car, peu après le décollage, une forte odeur d'essence emplit la cabine. L'odeur persiste pendant deux heures. Ce n'est probablement pas une fuite, mais le trop plein d'un des réservoirs de la cabine. Elle est reçue en grande pompe à San Francisco. Le lendemain, à El Paso, elle retrouve Max Conrad qui était là avec son épouse Betty. Puis, elle s'arrête à Oklahoma et à New York.

Elle quitte le continent américain à Gander (Terre Neuve), à destination des Açores. Elle ne peut atterrir à Santa Maria comme prévu, étant déroutée par le contrôle aérien vers Lagen (Lages) dans l'île voisine de Terceira. Après une escale à Lisbonne, c'est enfin l'arrivée à Londres, le 20 juin 1966.

Elle a fait le tour du monde, seule. Elle est fatiguée, mais très fière, surtout quand elle entend quelqu'un dire : « Cela fait du bien de voir un pilote britannique établir à nouveau des records… ». Elle est touchée que l'on ai dit : un pilote britannique et non une femme pilote. Sir Allan Cobham, qui l'avait tant aidée à acquérir Myth Too, est l'un des premiers à la féliciter.

Elle a parcouru 31.000 miles, soit près de 50.000 km, en 189 heures à une vitesse moyenne de 166 mph, soit 265 km/h. Le record de vitesse autour du monde, calculé sur le grand cercle, est de 36,68 mph soit 59,01 km/h. Elle est félicitée et honorée. Le prince Philip lui adresse un télégramme de félicitations. La fameuse Guilde des Pilotes lui donne sa médaille d'argent. Elle est invitée à Buckingham Palace où elle est reçue par la Reine. Elle rencontre également le roi Hussein de Jordanie, lui aussi un avide pilote. L'Italie lui confère le titre de « Isabella d'Este ». C est la plus haute distinction donnée par l'Italie a une femme pilote. Toutes celles qui l'ont reçue s'appellent désormais « Isabella ». Mais elle est contrariée quand Myth Too est suspendu devant un grand magasin, bien que cela fasse partie d'une campagne de publicité organisée pour elle.

Malheureusement, elle ne peut plus voler par manque d'argent. Un industriel, Ken Wood, lui donne les moyens de voler jusqu'au Cap. Pendant ce vol, elle établit plusieurs records, battant le record d'Amy Johnson établi en 1936 sur son Percival Gull Six de 4 heures à l'aller et de 7 heures au retour. Par la suite, en 1967, Scott s'attaque au record de Jim Mollison à travers l'Atlantique. Ce record est de 31 heures 20 minutes, établi en 1932 dans son Puss Moth Hearts Content. Elle le bat en ne mettant que 17 heures 14 minutes. Elle continue le vol en faisant le tour de l'Atlantique par Toronto, New York, les Antilles, Trinidad, Natal, Dakar, Rabat, Madrid et Londres. C'est pendant ce vol qu'elle reçoit le fameux Harmon Thophy. The Harmon Trophy fut créé en 1926 par Clifford B. Harmon. C'était un riche aviateur. Il créa trois Trophées Internationaux pour récompenser le meilleur aviateur, la meilleure aviatrice et le meilleur aéronaute de l'année. Un quatrième trophée fut créé par la suite pour récompenser les exploits dans l'espace.
La liste des récipients du Harmon Trophy peut ètre lue sur le site suivant :
http://www.nasm.edu/nasm/aero/trophy/harmon.htm

En 1968, elle écrit son premier livre : I must Fly (Je dois voler).



  1. Introduction
  2. Le premier tour
  3. Le second tour
  4. Le troisième tour
  5. Conclusion
2. Le second tour du monde (1969-70):

Sheila Scott logo
Autant le premier tour du monde de Scott se déroula relativement bien, malgré quelques problèmes avec ses appareils radios, autant son deuxième tour du monde fut près de tourner à la catastrophe. Ce tour du monde commence par une course entre Londres et l'Australie, qui débuta en Décembre 1970. L'avion de Scott, toujours Myth Too, le Comanche 260B, G-ATOY, a le numéro 99. La course démarre dans une atmosphère d'insinuations et d'allusions désobligeantes à l'égard de Scott, le tout probablement dû à une jalousie causée par la publicité que certains organisateurs et journalistes lui ont faite. On prétent que la course est organisée pour qu'elle la gagne. Elle a tout au long du périple des ennuis qui semblent relever plus du sabotage que de coïncidences. Ses radios, surtout son antenne déroulante pour la HF qui est coupée, lui font de gros ennuis. De plus, il se trouve que le temps est très mauvais avec des orages et des tempêtes de neige. Ses escales la mènent à Athènes, Karachi, Calcutta et Singapour.

Dès le décollage, elle souffre d'une panne totale de radios, la rendant absolument sans communications. Bientôt, ce sont ses appareils de navigation qui la lâchent. Elle continue néanmoins, navigant à l'estime. Pendant plusieurs heures, elle dérive, sans communication, croyant entendre des voix sur ses mauvaises radios, parfois tournant en rond dans les nuages et la turbulence. Le récit qu'elle fera de cette étape tient du délire en face du danger et de l'isolement. Elle a des hallucinations probablement dues à la fatigue et à l'anxiété. Finalement elle aperçoit une piste et elle atterrit. C'est un terrain militaire près de Makassar, dans les Célèbes. Après plusieurs jours, elle peut enfin repartir vers Kupang, à l'ouest de Timor. Mais le mauvais temps la force à s'arrêter à Sumbawa, le jour de Noël. Elle arrive finalement à Darwin où elle retrouve la civilisation « moderne », les reporters et les mêmes insinuations. Son avion est remis en état et elle continue sur Alice Springs, dans le Territoire du Nord, puis Adélaïde en Australie Méridionale. La course en repart le premier janvier 1970 pour Griffith en Nouvelles Galles du Sud et enfin Sydney. Elle n a pas gagné la course. Les réels sabotages et insinuations de toutes sortes (fausses nouvelles d'atterrissages forcés, etc.) continuent, créant pour elle un climat d'insécurité et d'inconfort.

Après la course Londres-Sydney, elle décide de continuer le tour du monde. Le reste du parcours est plus heureux. De Brisbane, elle gagne Nouméa puis Nandi à Fidji. Elle est fêtée partout où elle passe. Tous les sous-entendus qui avaient marqué la course de Londres à Sydney ont disparus. Escales à Tarawa, capitales des Iles Gilbert et Ellices (maintenant Kiribati), puis à Hawaii. Et enfin, les Etats-Unis où tous ses ennuis de radios et d'instruments de navigation sont réparés.

Elle espérait battre des records dans ce tour du monde, mais il n'en fut rien. Le voyage avait mal commencé, à une saison difficile, avec des radios et des appareils de navigation tombant en panne. Elle s'était perdue dans le mauvais temps de l'Océan Indien et, dans la première partie, toute une suite d'insinuations désobligeantes l'avait marquées.



  1. Introduction
  2. Le premier tour
  3. Le second tour
  4. Le troisième tour
  5. Conclusion
2. Le troisième tour du monde (1970):

Sheila Scott logo
Scott avait fait deux fois le tour du monde, elle avait établi ou battu 94 records du monde. Elle était tout naturellement tentée de faire un troisième tour du monde, de monter à 100 son palmarès de records et de survoler le Pôle Nord. Ce dernier vol n'avait jamais été réalisé par un avion léger. C'est au cours d'une visite à Cap Kennedy, en février 1970, pour assister au lancement de Apollo 14, qu'elle rencontre l'astronaute Phil Chapman et que nait l'idée d'utiliser son vol solitaire autour du monde pour tester certaines des nouvelles techniques électroniques de la Nasa. Le but était de suivre en permanence un avion volant dans les régions polaires. La surveillance se ferait en communiquant avec le satellite Nimbus. De nombreux organismes tant américains qu'anglais se joignent au projet. Ce n'est plus un vol solitaire et isolé mais une véritable expédition scientifique et officielle.

Le Comanche Myth Too, monomoteur, est incapable de telles longues étapes. L'avion sera un Piper Aztec D, muni de deux moteurs Lycoming de 250 CV. Les sièges sont remplacés par des réservoirs supplémentaires. Il est appelé Mythre, enregistré avec les lettres G-AYTO, et peint en turquoise et or. Un papillon (moth en anglais) est peint sur la queue avec deux drapeaux américains et anglais croisés.

Scott doit apprendre la navigation polaire à l'aide d'un compas astronomique. Elle doit aussi se familiariser avec le système de communication par satellite. Le système transmet aussi ses paramètres personnels (cardiaques et autres, et aussi mesure de la fatigue et du manque de sommeil au cours du long vol).

Ce vol doit la conduire de l'équateur au pôle puis à nouveau à l'équateur Après quoi, elle a l'intention de continuer et de tenter un troisième tour du monde vers l'ouest, c'est-à-dire contre les vents dominants.

Le vol officiel devant débuter à l'équateur, elle se positionne à Nairobi au Kenya pour un départ officiel le 11 juin 1970. Première escale, Khartoum puis Benghazi. Le 13 juin, escale à Malte. Elle arrive à Londres le 16 juin, pour constater que son appartement a été dévalisé. On lui a volé, entre autres, une caméra vidéo Akai qui lui aurait permis de faire un film du voyage et de le vendre. Ce vol la privera d'un revenu sur lequel elle comptait beaucoup.

Elle repart de Londres pour Bolo en Norvège le 22 juin 1970. Le pilote automatique tombe en panne dès le départ. Elle devra s'en passer jusqu'à San Francisco. Le 23, elle se positionne sur l'aérodrome militaire de Andoya pour faire le plein maximum avant le long vol au-dessus du Pôle. Elle décolle très en surcharge de Andoya le 25 juin. Le givrage est important. De plus, elle s'aperçoit que sa vitesse est bien inférieure à ce qu'elle aurait dû être : une des roues du train d'atterrissage est à moitié sortie de son logement. Avec cette vitesse réduite, elle n'atteindra jamais Barrow en Alaska. Elle est forcée de se poser à Nord, une station météo danoise au nord-est du Groenland où elle est très bien reçue par les Danois. Elle en repart le 28 juin pour le Pôle et la Pointe Barrow, au nord de l'Alaska. C'est là que le 15 Août 1935 Wiley Post s'était tué en compagnie de Will Rogers.
Le vol de Wiley Post autour du monde peut être lu ici :
Elle survole le Pôle. Jubilant de joie, elle crie dans la radio: « Je suis sur le sommet du monde », et lâche un petit drapeau anglais. Puis, tournant légèrement vers la gauche, elle se dirige vers la Pointe Barrow où elle arrive le 29 juin après un vol de 17 heures. Au Pôle, toutes les directions vont vers le Sud, la navigation doit donc être très précise, si l'on veut arriver a destination.

A la Pointe Barrow, on découvre qu'un câble de commande des ailerons avait usé par frottement un des tuyaux d'hydraulique, ce qui empêchait une des roues de rester fixée dans sa position rétractée. De là, elle vole vers San Francisco où elle arrive le 3 juillet 1970, en passant par Fairbanks et Anchorage. A San Francisco, elle rencontre le pilote Elgen Long. Celui-ci est très intéressé par l'avion de Scott et par ses installations. Il prévoie, lui aussi, un vol par les deux pôles, vol qu'il réalisera avec un Piper Navajo en 1971. Son record tient encore aujourd'hui.

Après plusieurs jours de repos et festivités et après avoir fait réparer de nombreux défauts à l'avion, dont le pilote automatique, elle repart pour Honolulu le 11 juillet. Puis, escales à Canton, Fidji, Nouméa et Tonwsville, en Australie, avant d'arriver à Darwin le 29 juillet. Elle rêve de battre le record d'Australie à Londres établi par Amy Johnson en 1937 avec son Percival Gull. Johnson avait établi le record en 5 jours et demi. Elle fait escale à Singapour, puis à Madras. Le reste du vol de Madras à Londres en passant par Karachi, Bahreïn et Athènes est fait sans aucun repos, un total de 29 heures et 45 minutes. Le record est battu. On la reçoit en fête, mais elle n'a pas de film à vendre et son histoire n'intéresse personne. Elle réalise tout le désastre du pillage de son appartement pendant son absence, dont elle n'avait pas eut le temps, à l'aller, de mesurer toute l'ampleur.



  1. Introduction
  2. Le premier tour
  3. Le second tour
  4. Le troisieme tour
  5. Conclusion
4. Conclusion :

Sheila Scott logo Mythre sera détruit par le cyclone Agnès qui fit déborder la rivière Susquehanna à Lock Haven en Pensylvanie. L'avion était à l'usine Piper pour être remis en état après le long vol autour du monde. Scott est anéantie. Elle avait mis tous ses espoirs dans cet avion, sa seule possession de valeur. Sa destruction brise son ambition d'un vol dans l'Antarctique. C'était l'avion avec lequel elle avait établi son centième record mondial.

En 1973, elle publie son second livre :On top of the World en Angleterre, et sous le titre Barefoot in the Sky aux Etats-Unis.

Par la suite, sa santé l'empêche de voler. La perte de Mythre la ruine. Elle finit sa vie dans un petit appartement de Pimlico à Londres et meurt, dans la pauvreté, en 1988 à l'âge de 61 ans.

Elle avait été l'une des fondatrices et premier gouverneur de la branche anglaise des Ninety-Nines, la célèbre association de femmes pilotes fondée par Amelia Earhart. Elle fut membre de l'International Association of Licensed Women Pilots, les Whirly Girls, une association de pilotes féminins d'hélicoptères. Parmi les distinctions qu'elle reçu, figurent « the Brabazon of Tara Awards » en 1965, 1967, 1968 ; le Britania Trophy du Royal Aero Club d'Angleterre en 1968 et sa médaille d'or en 1972. Elle reçu également le prestigeux Harmon Trophy en 1966. Elle fut nommée Officier du British Empire en 1968.

Liste des Aviatrices ayant reçu le Harmon Trophy

FICHIER TECHNIQUE  |   LES VOLS  |   CARTES DES VOLS  |   HAUT DE LA PAGE


Dernière mise à jour : 20 décembre 2007
Copyright © Claude Meunier 2000, 2007
webmaster@volssolitaires.com