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FICHIER TECHNIQUE |
LE VOL |
CARTE DU VOL
TRUMAN ET EVANS 2. LE VOL George Truman et Clifford Evans ont fait le tour du monde en 1947, volant de conserve, chacun dans son propre avion. On pourrait chicaner : bien qu'étant seul chacun dans son avion, un autre avion était toujours dans le voisinage immédiat. L'exploit demeure, et mérite, néanmoins, sa place ici. Truman et Evans étaient tous deux pilotes militaies pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Après la guerre, ils se retrouvent instructeurs de vol sur l'aéroport de College Park dans le Maryland. L'idée de ce vol leur vint, en 1946, en voyant le nouveau Piper Super Cruiser rouler au sol à l'école d'aviation dont ils étaient instructeurs. Est-ce Evans, ou un autre instructeur, Gene Pace, qui aurait dit : « Si l'on mettait un réservoir sur le siège arrière, cet avion pourrait faire le tour du monde. » ? L'idée fit son chemin dans l'esprit des deux instructeurs et devint bientôt une obsession. Ils étudièrent les cartes aéronautiques, cherchant des étapes de moins de 1000 miles (1500 km), mais gardèrent le secret de peur que d'autres pilotes avec de meilleurs moyens ne les distancent. Bien qu'initialement effrayées par une telle aventure, leurs épouses acceptèrent et les soutinrent. 1946 : la guerre est finie. Dans l'euphorie de l'après-guerre tout semble possible à ces pilotes américains, en dépit de la « guerre froide » qui s'installe. Ils essayent obtenir de l'aide de Piper et du constructeur de moteurs Lycoming. Chichement, ces deux compagnies promettent puis se dédisent. Les deux pilotes essayent vainement ailleurs. Ils vont jusqu'à vendre leur auto et hypothéquer leur maison. Finalement, la firme de William Piper accepte de leur donner deux avions d'occasion. Les ingénieurs de la firme conçoivent, fabriquent et installent les réservoirs supplémentaires nécessaires au vol. Lycoming, pour ne pas être en reste, leur vend deux moteurs neufs pour le prix de un dollar chacun. Tout s'arrange, mais Truman a une panne de moteur en essayant une nouvelle hélice, de l'eau avait noyé le carburateur. Après réparations, les deux avions sont conduits à Washington, car Piper et Lycoming insistent pour de la publicité dont ils veulent leur part. Les avions sont baptisés cérémonieusement : Truman appelle le sien City of the Angels (il habite Los Angeles) et Evans donne au sien le nom de City of Washington (car c'est là qu'il vit). Leur but initial est de partir au milieu de l'été, mais les préparations et les réparations repoussent le départ jusqu'en août, ce qui est tard dans la saison : le mauvais temps les gênera pendant tout le voyage. Finalement, le 9 août 1947, ils décollent de Teterboro dans le New Jersey. Leur première étape doit être Presque-Isle dans le Maine, mais dans la confusion du départ, Truman prend le cap dans la direction de Bangor. Ils se retrouvent finalement à Presque-Isle, d'où ils font route vers Goose Bay au Labrador. Ils ne peuvent quitter Goose Bay que le 13 en direction de la base Américaine de Bluie One au Groenland, où ils attrapent la grippe et, incapables de voler, doivent rester jusqu'au 24. Rétablis, ils font route vers Reykjavik en Islande, une étape de 1500 km dans de très mauvaises conditions météo. Repartis vers l'Ecosse, ils ne peuvent atterrir à Prestwick, noyé dans le brouillard, et doivent se détourner sur Newton Yards en Irlande, où ils font le plein. Ils atterrissent enfin à Croydon en Angleterre où ils sont fêtés. Premiers pilotes à avoir traversé l'Atlantique en avion léger, ils ont parcouru 5800 km en 42 heures. Après un détour par Ypenburg en Hollande pour visiter des amis, ils atterrissent à Orly le 3 Septembre. Après que de furieux orages les aient retardés à Istres, ils atteignent Rome le 9 septembre. Une longue étape de 1500 miles (2500 km) au-dessus de la Méditerranée les mène au Caire le 11, et une autre à Bagdad le 12. Détenus six jours à Dahran par les autorités arabes, ils en repartent pour Karachi, autre longue étape de 1800 km qu'ils couvrent en 9 heures et demie. A Jodhpur, ils sont les hôtes du maharadjah. Les étapes à travers l'Océan Indien se succèdent : Rangoon en Birmanie, Bangkok en Thaïlande, Hanoi en Indochine, puis Hong Kong le 3 octobre. Autant la traversée de l'Atlantique Nord avait été difficile à cause du mauvais temps dû à la saison avancée, autant celle de l'Océan Indien est relativement dépourvue des ennuis habituels de la mousson et de la zone de convergence ntertropicale. Mais le voyage est loin d'être fini. Un typhon dans la mer de Chine les bloque à Hong Kong, qu'ils ne quittent que le 6 octobre pour Shanghai. Un fort vent contraire les force à s'arrêter à Amoy, sur une des îles côtières de la Chine du sud-est, cependant qu'à Shanghai, ne les voyant pas arriver, on les croit perdus. Puis, plusieurs étapes, Fukuoka dans l'île japonaise de Kyushu, Nagoya, Tokyo, les conduisent jusqu'à Nemuro dans l'île de Hokkaido au nord du Japon. Truman et Evans avaient espéré faire escale aux îles Kouriles mais les Soviets leur refusent la permission. La prochaine destination est la base américaine de Shemya à l'extrémité Ouest de la chaîne des Aléoutiennes à 2400 km de Nemuro. A cause de l'automne déjà avancé, cette étape est la plus dangereuse de tout le raid. C'est après un vol de 13 heures et 30 minutes qu'ils arrivent à Shemya le 31 octobre. Ils en repartent pour la base de Adak, cette fois accompagnés par une Forteresse Volante B-17 et un hydravion Catalina de l'armée américaine. De là, et toujours dans du mauvais temps, ils vont à Cold Bay et Naknek. En route vers Anchorage, ils doivent faire demi tour devant la mauvaise visibilité et le givrage. Après plusieurs étapes au Canada, ils arrivent à Los Angelès le 26 novembre. La ville, dont l'avion de Truman porte le nom, les reçoit triomphalement. Ils traversent les Etats Unis pour arriver finalement à leur point de départ : Teterboro au New Jersey le 10 décembre 1947. Ils ont couvert 42 000 km en 122 jours, 23 heures, 275 heures et 25 minutes de vol et visité 21 pays. Ils ont été les premiers à traverser, à la fois l'Atlantique et le Pacifique dans des avions légers. En effet, toutes les traversées faites auparavant l'avaient été sur des avions ou hydravions beaucoup plus gros que des « avions légers ». Ils n'ont pas tenté de battre de records, voulant simplement faire le tour du monde. Pilotes, avions et moteurs remplirent leurs rôles sans défaillance. L'importance de leur vol et de leur succès fut de prouver que les avions dits « légers » étaient capables de longs et difficiles raids. Le City of Washington fut donné au National Air & Space Museum à Washington. Le musée fait partie du Smithsonian Museum. Malheureusement, l'avion, comme beaucoup d'avions interressants n'est pas visible au musée. Ils sont au centre de restauration de Suitland au Maryland et pratiquement impossibles à voir. Depuis (2004), j'ai reçu de Hellen Horrocks, cousine of Clifford V. Evans Jr., la nouvelle que le City of Washington est maintenant visible au Centre Udvar-Hazy du Musée Smithsonian à l'aéroport de Dulles Airport, en Virginia, presque au dessus du Concorde. ![]() Clifford Evans' PA12 NX2365M "City of Washington"
Photo prise au Musée Steven F. Udvar-Hazy Center, Washington D.C.
15 Aout, 2010 Le City of the Angels a été restauré dans la forme et les couleurs d'origine et est visible au Musée Piper à Lock Haven en Pennsylvania.
Dernière mise à jour : 5 Juin, 2011 Copyright © Claude Meunier 2000, 2011 webmaster@volssolitaires.com |